Techniques #1 : coudre de la soie, l’exemple d’une chemise

Avec le temps et la pratique, je commence à coudre un peu mieux. Je sais qu’il me reste encore tant et tant à apprendre…mais le peu que j’ai déjà compris, j’ai envie de le partager avec vous. C’est la première raison qui m’a poussée à ouvrir cet espace et j’espère trouver le temps d’écrire de plus en plus d’articles dans le style de celui qui va suivre. N’hésitez pas à me dire si cela vous plaît, à rectifier mes erreurs, à partager vos astuces, cela m’aidera beaucoup à progresser et à rendre ce blog le plus utile possible.

J’en profite pour vous dire que la suite de la série sur les tissus avance et que je devrais bientôt pouvoir mettre en ligne la suite. Je sais que je vous l’ai promise il y a quelques mois déjà mais je ne regrette pas d’avoir pris le temps de bien me documenter. J’ai hâte de tout vous raconter.

Du reste, le billet du jour s’inscrit aussi mon envie de comprendre de mieux en mieux les matières avec lesquelles je couds. Disons qu’il s’agit de la partie pratique de mon apprentissage de la soie. Comme beaucoup d’entre nous (les couturières et couturiers amateurs), je voue un culte plein d’effroi à cette étoffe si noble, notamment quand elle se présente dans sa forme la plus fluide et la plus fine…je frissonne avec émerveillement devant un crêpe de chine ou une mousseline.

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Quand j’ai aperçu ce Liberty « Floral Eve » -dont j’adorais le motif- dans une version en soie crêpe de Chine chez Supercut (cette mercerie en ligne italienne livre en France en 48 heures), je n’ai pas hésité. Pour ne rien vous cacher, j’ai pris le dernier coupon dans ce modèle….mais surveillez les arrivages, il y a souvent de très jolies étoffes de l’autre côté des Alpes et le prix est vraiment intéressant (j’ai trouvé ce Liberty 50% moins cher que le prix habituel des Liberty en crêpe de Chine).

J’avais pour projet d’en faire une chemise mais quand j’ai reçu mon beau coupon, j’ai immédiatement été rattrapée par mes vieilles terreurs : le crêpe était splendide mais bien trop vivant pour moi. Malgré les conseils de Carmen ici et par le biais d’Instagram, je n’arrivais pas à surmonter mes peurs et à me lancer…jusqu’à ce que Marie me demande de tester son nouveau patron de chemise. La coupe cintrée du dessin technique était justement celle que j’attendais pour me lancer et je n’avais plus aucune excuse. Je me suis donc documentée, j’ai regardé l’excellent cours de Sandra Betzina sur Craftsy sur le sujet et je me suis lancée. Vous n’allez jamais me croire mais finalement, coudre de la soie, c’est facile.

  1. Commencez par réunir fournitures et matériels

  • Piquer

Le vrai secret pour coudre de la soie c’est d’avoir les bons outils. Commençons par ce qui va vous servir à piquer : aiguilles et épingles.

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Le crêpe de Chine existe en différentes épaisseurs mais celui-ci était aussi fin que fluide. J’ai choisi d’utiliser mes épingles « Entomology » de Merchant&Mills qui sont conçues pour ce genre de tissus. Choisissez n’importe quelles épingles « extra-fines » pour ne pas abimer les fibres de la soie lorsque vous l’épinglez.

Plus important encore, pensez à vos aiguilles machine. Des aiguilles universelles conviennent très bien pour la soie…tant qu’elles sont à la bonne taille. Dans le cas d’un tissu fluide et fin comme une mousseline ou un crêpe, sélectionnez une aiguille universelle 70 ou une aiguille microtex (sur les bons conseils de Mademoiselle Bli, dont le blog est tout jeune mais déjà génial!). J’insiste lourdement car si vous vous orientez sur vos aiguilles universelles 80 ou 90, vos aiguilles vont écarter à l’excès les fibres de votre tissu : vous pourrez vous acharner à modifier les réglages tension de votre machine, vos points seront irréguliers, le tissu risquera de se faire entraîner sous la plaque de couture et les coutures elles-mêmes pourront craquer rapidement….

Choisissez des aiguilles neuves (merci Natasha dans les commentaires): une aiguille émoussée risque aussi d’abimer la soie.

  • Le fil

Pensez  à prendre du fil de bonne qualité. Vous pouvez choisir un fil de coton (je n’avais que cela sous la main et cela a fait l’affaire…) mais l’idéal reste de choisir un fil de soie comme ceux proposés au Ver à soie (la photo ci-dessous présente les bobines de soie surfine idéales pour un crêpe de Chine comme celui qui nous occupe).

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Merci à l’incontestable reine du Liberty et du Smock pour le conseil 😉

  • Entoiler

Passons maintenant à l’entoilage.

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Pour l’entoilage, vous avez deux options. La plus classique est de choisir un organza de soie. L’organza est un tissu fin mais rigide. Il est utilisé par les couturiers traditionnels pour entoiler les cols, poignets, pattes de boutonnage des chemisiers en soie. Découper les pièces à entoiler dans l’organzaavec des marges de couture moins importantes que sur les pièces principales. Fixez les avec un point de bâti sur les pièces en tissu. Traitez ensuite le tissu et l’entoilage en organza comme une seule et même pièce.

À l’occasion d’une discussion instagram avec Carmen, nous nous avions regretté de ne pas connaître de thermocollant convenant à cette soie si fine et si vivante. Petit extrait de notre conversation :

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(l’adresse citée par Carmen dans cet échange correspond à un article de Jen, la créatrice de Grainline sur la couture d’une chemise en soie : l’article est en anglais et certaines techniques utilisées sont différentes, mais c’est une mine d’informations!)

Et bien, miracle, j’ai trouvé! J’ai trouvé par le plus grand des hasards, cette espèce si rare de thermocollant qui convient à une soie fine comme mon crêpe. À l’occasion de ma visite chez Stragier, (en Wallonie à une trentaine de kilomètres de Bruxelles : il faut vraiment que je vous raconte cette visite…elle m’a enthousiasmée !), j’ai pu poser de nombreuses questions techniques à Nicolas, le dirigeant de l’entreprise. Incidemment, je lui ai parlé de l’entoilage de mon Liberty en soie et des tissus fins en général. Nicolas Stragier m’a alors expliqué qu’il existait des entoilages thermocollants qui convenaient et m’a spécifiquement recommandé l’entoilage « TR » dans sa version extra-fine, la « TR1 ». (Afin que je puisse comparer les rendus et les différents types d’entoilage thermocollant qu’ils avaient en boutique, Nicolas m’a très gentiment  offert des échantillons de  trois types d’entoilage différents mais tous d’excellente qualité: je reviendrai plus longuement sur ce sujet mais sachez que ma religion est faite…pour l’entoilage comme pour le reste, la qualité fait toute la différence et je pense commander systématiquement ce type d’entoilage tant j’ai été satisfaite de la différence! )

Je suis vraiment contente du résultat obtenu avec l’entoilage TR1 : le tissu n’a pas gondolé, l’entoilage a donné de la tenue à ma soie tout en ne la rigidifiant pas à outrance…bref c’est exactement ce que je cherchais!

  • Couper et reporter le patron sur le tissu

L’une des étapes les plus délicates dans la couture d’une pièce en soie est incontestablement celle de la coupe. Le tissu bouge, glisse, se déforme et il paraît impossible de couper les pièces dans le droit fil. Pourtant ce problème est très simple à résoudre. Il vous faudra pour cela du papier de soie, du scotch et de l’amidon en bombe.

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Le papier de soie va servir à stabiliser votre tissu sur votre surface de coupe. Certes, du papier kraft aurait pu faire l’affaire mais vous allez être amené-e à couper en même temps dans le papier et le tissu…et comme vous ne voulez pas abimer vos beaux ciseaux de coupe, vous allez me promettre d’utiliser du papier de soie. Le papier de soie présente une structure proche de celle d’une étoffe, pas de risque donc d’abîmer le tranchant de vos ciseaux de coupe.

Pour reporter les marques sur l’envers du tissu, j’utilise un crayon à papier HB pas trop taillé : cela tient mieux que la craie.

  1. Préparer son tissu et le couper : comment procéder?
  • Empeser

À mes yeux, seule cette étape constitue un moment vraiment délicat dans la couture d’une pièce en soie.

Afin de stabiliser votre tissu, vous pouvez commencer par l’empeser, c’est-à-dire par utiliser de l’amidon pour le rigidifier temporairement. Là encore, deux techniques sont possibles :

Vous pouvez utiliser de la farine de maïs (de la Maïzena par exemple) : trempez une minute votre tissu dans une dilution de 125 grammes d’amidon pour 1 litre d’eau puis faites le sécher bien à plat.

Ou vous pouvez donner un petit coup de bombe d’amidon à repassage (type Fabulon) avant de commencer à coudre. Faites attention à avoir la main légère et ne laissez pas la bombe goutter sur votre soie…cela ferait d’horribles auréoles! Le tissu sera un peu moins rigide que dans la première option.

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Dans les deux cas, rincez votre ouvrage terminé à l’eau claire pour bien enlever l’amidon et surtout n’utilisez pas un fer trop chaud qui ferait jaunir votre tissu amidonné.

  • Fixer les pièces du patron sur le tissu

Nous allons commencer par vérifier les bords de notre tissu. Si la laize du tissu a été découpée et non déchirée par le marchand au moment de la coupe, il y a de fortes chances pour que votre coupon ne constitue pas un rectangle parfait et que les bordures ne soient pas perpendiculaires au droit-fil. Afin de remédier à ce problème, vous allez déchirer les deux largeurs de votre tissu.

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Faites une petite entaille dans votre tissu avec les ciseaux puis soufflez un bon coup : on déchire toujours perpendiculairement au droit fil. Vous pouvez voir sur la troisième photo ci-dessus que le côté déchiré de mon tissu suit naturellement laa bordure de la table tandis que l’autre côté (le côté découpé donc) n’est pas droit.

Une fois que vos deux largeurs de tissu sont droites et donc parallèles au droit fil, préparez votre espace de coupe. Installez une feuille de papier de soie sur la table.

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 J’ai donné un (léger) coup de fer à mon papier de soie pour que les plis ne me gênent pas. Ensuite j’ai plié mon tissu en deux (toutes les lisières doivent se superposer parfaitement), j’ai épinglé les lisières entre elles et j’ai posé le tout sur mon papier de soie. Comme vous pouvez le voir sur les photos, je me sers des bords de la table pour vérifier que toutes mes bordures sont parfaitement alignées et que le droit fil de mon tissu ne bouge plus.

Enfin, j’ai scotché mon tissu et mon papier de soie à ma table le long des bordures.

Une fois ce travail fait, le pire est passé : le tissu ne bouge plus et il est très facile d’épingler les pièces de son patron sur le tissu et le papier de soie.

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 Je coupe ensuite mon tissu et mon papier de soie ensemble (dans le cas d’une pièce en soie, vous allez être amené-e à réaliser des coutures anglaises : pensez à ajouter une marge de couture suffisante au moment de la coupe pour ne pas vous retrouver dans la panade plus tard!)

Et voilà, mes pièces sont prêtes, stables et ont gardé leur forme à la coupe!

Une fois ce travail fait, il ne vous reste plus qu’à entoiler vos pièces et vous voilà prêt-e à coudre! Dans le cas d’une chemise, n’oubliez pas de bien entoiler la patte de boutonnage : cette étape est très importante pour ne pas avoir de mauvaises surprises quand viendra le moment de coudre les boutonnières.

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Pensez aussi à changer votre aiguille et à la remplacer par une aiguille 70.

C’est cette aiguille qui permettra à vos coutures d’être réussies et de réaliser des surpiqûres décoratives sans crainte…

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  1. Coudre de la soie : une histoire de finitions

Autant vous le dire tout de suite, à votre place, je rangerais ma surjeteuse au placard ce coup ci. Pour avoir un joli vêtement bien fini, le dieu de la soie vous impose de :

  • faire des coutures anglaises

Allons, courage, cela ne prend pas tant de temps que cela et c’est une technique simple et élégante. Vous pouvez envisager ce type de finitions pour les coutures de côté et des manches. Évitez en revanche de le faire pour des emmanchures.

Voici un petit rappel du modus operandi pour réaliser ce que nos amis d’outre-manche appellent des french seams. Au lieu des 1cm de marge de couture recommandés pour une couture normale, j’ai ajouté 1,5cm de marge là où je prévoyais des coutures anglaises.

Je commence par coudre mes deux pièces ensemble envers contre envers (et non pas endroit contre endroit) avec des marges de couture comprises entre 0,6 et 0,7mm.

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Ensuite, je prends soin de recouper mes marges de couture à 0,2 ou 03 mm : cela permettra de réaliser ma seconde couture sans être embêtée par le tissu qui s’effiloche.

Je presse ensuite mes coutures endroits contre endroit.

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Je réalise la seconde couture endroit contre endroit avec des marges à 0,7mm en enfermant ma première couture à l’intérieur de la seconde. Et voilà! Fastoche, non?

  • Poser du biais sur les emmanchures

Les courbes des emmanchures se prêtent mal à la réalisation de coutures anglaises. Je n’ai donc pas perdu un centimètre de mon Liberty de soie et j’ai coupé dans le biais de mes chutes des bandes afin de ganser mes coutures d’emmanchure.

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  • prendre soin de vos boutonnières

L’étape des boutonnières est toujours angoissante : j’ai beau avoir à mon actif une bonne vingtaine de chemises ( et donc presque 250 boutonnières!), je frémis quelle que soit la matière. Alors de la soie! En me jetant à l’eau, j’étais vraiment persuadée que j’allais ruiner 6 heures de travail en trente secondes. Et pourtant, je trouve que mes boutonnières sont parmi les plus réussies que j’ai jamais faites. boutonnieres_soie_silk_buttonholes

Je pense que cela s’explique par : la qualité de l’entoilage de la patte de boutonnage, le fait que j’avais une aiguille adaptée à mon tissu et…mon scotch. Je scotche toujours l’empiècement de mes boutonnières. Cette astuce évite que le tissu soit entraîné par le fil sous la plaque de couture. Vous pouvez aussi envisager de fixer un peu d’entoilage supplémentaire à l’endroit où vous allez placer votre boutonnière. Dans le cas du scotch comme de l’entoilage, il suffit ensuite d’arracher l’excédent.

  • et enfin…faire un ourlet invisible à la main

À la fin d’un projet…j’ai souvent envie d’accélérer la cadence et d’en terminer une bonne fois pour toute. Il est évidemment préférable de faire l’inverse, surtout quand on coud une jolie soie. Adieu donc l’ourlet machine!

Étourdie comme je suis, j’ai oublié de prendre des photos de cette étape et je peux que vous montrer ce que donne le résultat final.

Pour faire mon ourlet étroit en courbe, j’ai suivi le tutoriel vidéo réalisé par Pauline Alice à l’occasion de son pas-à-pas pour la blouse Carme. Une seule étape diffère, la dernière : au lieu de faire la couture de l’ourlet à la machine, il faut procéder avec un point invisible à la main.

Voici ce que cela donne sur l’envers :

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Et sur l’endroit (vous avez vu ? c’est magique, on ne voit vraiment rien!)

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Et voilà! Je vais continuer sur ma lancée et rédiger dans la foulée le billet présentant la chemise Aime comme Madame dans cette merveilleuse soie Liberty. A très vite donc.

MAJ : merci beaucoup pour tous vos commentaires! Comme je n’ai pas forcément la disponibilité pour éditer l’article en temps réel, j’invite tout-e-s les nouvelles lectrices et lecteurs à aller lire les commentaires. Vous allez y trouver beaucoup d’astuces, de références (notamment l’excellent livre de Christelle Beneytout sur les machines à coudre) qui complètent, précisent ou rectifient cet article pour mon plus grand bonheur!

65 commentaires

  • Alicia dit :

    Trop belle cette blouse ! Merci pour tes conseils, cela m’a donné envie de me lancer dans ma propre création : une robe d’invitée de mariage 😉 j’ai même découvert (dans le douleur) quelques astuces supplémentaires dans le process… https://marquiseelectrique.com/fr/couture-de-la-soie-5-erreurs-a-eviter/

  • andaloussya dit :

    Bonsoir Annie,
    Je cherchais les précautions à prendre pour coudre de la mousseline et je tombe sur votre mine d’informations, dans du beau texte, illustré et empreint d’une grande générosité.
    Je vous en remercie.
    Vous écriviez d’éviter la couture anglaise dans l’emmanchure ; qu’en est-il de l’assemblage des manches avec l’emmanchure ?
    Je compte faire une robe « princesse » pour une fillette (je suis tout à fait débutante), corsage et jupe viscose, surjupe et manches avec toute la partie carrure et encolure en mousseline. A votre avis, je mets un biais à l’encolure ? Ainsi qu’un petit oulrlet pour le bas des manches (longues).
    Merci encore et bien à vous.

  • Bérengère dit :

    Quel super article!!
    Je me suis arrachée plus d’une fois les cheveux à cause de tissus glissants lors de la découpe et boudé par la suite ma machine…
    Je vais me retenter l’expérience… J’ai juste un peu peur de tremper ma soie dans de le mélange eau/Maizena!!!!!

    Du coup, pour être sure : tu laves ton tissu une première fois puis tu le fais sécher (ou option pressing). Puis pour l’amidonner, tu trempes une minute ton tissu dans la fameuse mixture et tu le fais sécher à plat. Du coup, si je comprends bien, tu n’enlèves l’amidon qu’une fois que tout ton vêtement est cousu et terminé?

    Et effectivement quand tu utilises le fer pour le repasser pendant la couture, cela ne fait pas de trace? (tu repasses ton tissu normalement avant la découpe?)

    Merci encore !

  • Christine dit :

    Je ne l’ai pas précisé mais les couturières piquent les repères importants à grands points à travers les 3 épaisseurs encore épinglées (papiers et tissu)

  • Christine dit :

    Super article. Ton retour d’expérience et tes photos vont permettre à beaucoup de ne pas s’arracher les cheveux en abordant la couture de ces délicats tissus. J’ ai juste 2 petits trucs bien pratiques, que l’on utilise dans le prêt à porter de luxe à préciser pour compléter ta démonstration.
    Tout d’abord pour la coupe, on emprisonne le crêpe de chine, la mousseline, le pongé (chiffon) ou toute matière très fine et fuyante entre DEUX feuilles de papier de soie. Si leur taille est insuffisante, il est possible de les compléter par de nouvelle feuilles en les scotchant, les bords légèrement superposés. Le patron est recopié auparavant sur la feuille supérieure. On épingle généreusement le tour des morceaux, (pas besoin d’amidon), et on coupe. Miraculeusement, rien ne bouge.
    Ensuite les couturières piquent tout autour à la machine, à grands points, à 9mm du bord si la future couture est prévue à 1cm. Ne pas faire de points d’arrêts. Ces piqûres permettent de maintenir les bords à la longueur exacte prévue dans le patron. C’est particulièrement utile et important dans les découpes arrondies ou en biais (encolure, emmanchure ou empiècement devant être assemblé ensuite avec une partie froncée). A ce stade, il est possible de marquer les emplacements de pinces, poches, rabats etc.. en piquant là aussi l’intérieur de leur repères (Ces piqûres seront enlevées ensuite quand les coutures définitives sont finies. C’est assez facile et rapide.)
    Ensuite les couturières arrachent les papiers de soie. Et l’assemblage peut commencer.
    Ca, c’est la méthode utilisée par les professionnelles, et si la mise en place peut sembler fastidieuse, la coupe et la couture sont grandement simplifiées. Cependant, je vais essayer ta méthode à l’amidon qui me semble simple et efficace. J’avais déjà lu un post sur cette méthode pour dompter du jersey (qui s’enroule) et je l’avais trouvée très astucieuse.
    J’espère que mes précisions pourront t’intéresser.

  • cova dit :

    Merci pour cet article très instructif, j’avais justement une robe en crêpe de soie à faire et vos conseils m’ont beaucoup aidée à me lancer sans faire trop de bêtises ! J’ai utilisé la technique de l ‘amidon de maïs, économique, écologique et très agréable mais il ne faut pas être habillé en foncé ce jour là…

  • Cet article est passionnant et très bien écrit. Un vrai bonheur de vous lire !
    Bravo.

  • mamiedja dit :

    bonjours
    je débute en couture et la je suis décourage. j’ai acheter de la soie car elle était rouge comme j’aime !!!
    et oui ca bouge a la coupe ! Résultat on moment de l’assemblage rien n’allait, j’ai racheté 1m de tissus(35E) pour terminer le corsage de ma robe et j’ai repasser la soie sur la nappe en toile cirée et elle s’est collée dessus et ma coupe est presque bonne j’ai rectifier juste un peu. Merci du conseil pour les coutures. Comme j’ai fait une piqure de soutient au col et a l’échancrure de devant avec du ruban je ne vais pas mettre mon entoilage car il est trop épais et je n’ai rien d’autre . merci du conseil pour le biais des emmanchures je ne savais pas Merci Merci de tous ses conseils j’enregistre dans les favoris

  • Francesca dit :

    Merci Beaucoup Annie pour tous vos conseils sur la façon de travailler la soie!!! Moi aussi ai acheté une soie comme cela chez supercut et dans les prochains jours je voudrais coudre une robe avec ça ….

  • LaSauvage dit :

    Cet article est impressionnant, tellement il est intéressant, précis, bien écrit et joliment illustré! Bravo! Ça donne envie d’essayer!

  • Christine Gatto dit :

    Un grand merci pour tous ces bons conseils. Le tout est clair, précis, et comme toujours, raconté de façon très élégante. Merci!

  • Natacha dit :

    Tiens j’avais une question en plus : comment tu prépares ton tissu? Tu le pré-laves, tu le fais passer au pressing ou tu y vas direct ?

  • MarYvonne dit :

    Bravo pour cet article complet , bien documenté, qui donne une furieuse envie de s’attaquer à cette fibre magique . Merci

  • Angèle dit :

    Passionnant, merci ! Très rapidement : on lit en général d’éviter des coutures anglaises sur les emmanchures, mais c’est tout à fait possible avec un tissu fin comme la soie, ou même de la viscose. J’en ai réalisé à plusieurs reprises et je trouve cela finalement plus simple que la pose d’un biais (une couture en moins).

  • Madame S* dit :

    merci pour toutes ces infos! J’ai un challenge pour 2016: confectionner la robe de mariage civil d’une amie en dentelles et soie… et je garde précieusement tout cela 🙂

  • Pauline dit :

    Ah je suis bien contente de lire cet article ! C’est très instructif, j’ai appris plein de choses, merci ! (comme qui dirait… « Y’a plus qu’à »)

  • Fées maison dit :

    Merci pour toutes ces précisions . Cet été j’ai fait une robe en soie , pour obtenir une découpe parfaite je me suis installée sur ma plaque de coupe de cartonnage et j’ai coupé avec un cutter rotatif ,résultat impeccable , seul souci le prix des lames……

  • Sandra dit :

    Bravo pour cet article très documenté, il va servir à bon nombre d’entre nous, c’est sûr.

    J’ai appris à mes dépens que le temps de repos pour l’entoilage thermocollant était hyper important. Aujourd’hui, je laisse toujours reposer une pièce entoilée au moins une nuit. La différence est flagrante : plus de cloquage, meilleure adhérence dans les coins et meilleure longévité. Cela peut être hyper frustrant par contre car ça stoppe net le moment couture !
    Actuellement, je fais un manteau que j’ai entièrement entoilé. Cela a été difficile de tout laisser en plan 24h mais aujourd’hui, le tissu et l’entoilage ne font plus qu’un malgré les manipulations des pièces. La couture apprend la patience 😀

    • Annie dit :

      Ah merci Sandra pour l’info! Je laisse en général reposer mes pièces entoilées une à deux heures…mais si tu trouves que le résultat est meilleur après une nuit, je vais m’empresser d’essayer.
      Je suis bien d’accord avec toi : c’est vrai que plus on coud plus on apprend la patience…parfois au prix de quelques sacrées déconvenues;)

      • Sandra dit :

        J’ai remarqué aussi que les entoilages où on peut voir la colle (petits points, comme la G405 par exemple) collent beaucoup plus difficilement et sont moins performants que ceux où la colle est comme entièrement répartie (comme la H200). J’ai testé les deux sur mon manteau et le résultat est sans appel. Pourtant la G405 est censée être adaptée aux tissus moins lisses mais c’est franchement pas terrible.

        Ah l’entoilage, vaste sujet, trop peu abordé ! J’essaierai d’en parler un peu quand je publierai mon manteau mais ce ne sera absolument pas exhaustif !

  • Maria dit :

    Merci por ce billet si instructif. Vos images sont toujours d’une merveilleuse qualité …on peut presque sentir les aspérités des tissus à travers l’écran, c’est juste incroyable! Je souhaitais vous demander: est-ce que je peux appliquer cette technique de couture au chiffon?

    • Annie dit :

      Merci Maria pour votre message!
      Pour le chiffon, cette technique me paraît tout à fait adaptée. Et n’hésitez pas à vous diriger vers des aiguilles microtex ou des aiguilles 60 universelles. La soie chiffon est si fine….

  • Machmalau dit :

    Encore un très chouette article que j’ai dévoré avec plaisir ! Tu arrives à nous emporter avec ta prose et en finissant la lecture on n’a qu’une envie… Filer coudre une chemise en soie !!! Je note ton astuce pour « redécouper » le tissu afin que le coupon soit parfaitement perpendiculaire dans les angles et parallèle au droit fil.
    Je regrette ne pas avoir admirer ta chemise plus en détails vendredi, il me tarde de me la faire et de découvrir la tienne plus en détails ! Si je peux me permettre, lors de l’AEF, la représentante d’Husqvarna nous a indiqué qu’il fallait toujours utiliser un « papier » pour les boutonnières afin de les renforcer. Tu couds sur le papier et après tu l’arraches (même principe donc que ton scotch). Si tu veux regarder, je crois que ça s’appelle Vlieseline Stickvlies Stich-n-Tear 😉
    Je n’ai encore jamais testé mais ce sera le cas sur ma prochaine chemise ! Je crois bien qu’elle te plaira en chambray vert d’eau… 🙂

  • MarieC dit :

    Merci pour ces conseils !
    J’ai vu la chemise ce week-end, elle est superbe, bravo !

    • Annie dit :

      Oh merci! J’ai vu après coup (sur IG je crois) que tu étais à l’AEF et j’étais triste de ne pas t’avoir vue (ou reconnue? étant myope, sans mes lunettes, je distingue mal les visages)

  • Ooooh, such a lovely print! And SILK! Heavenly. You have a lovely make with very helpful tips for sewing with silk. I haven’t sewn with silk for such a very long time, but I am tempted now! I do hope to see the shirt being worn.

  • Jo dit :

    Utilissimo! Grazie Annie! 🙂

  • Chrisou dit :

    Bonjour Annie.

    Voilà un bel article, très intéressant et qui va aider nombre de couturières à travailler cette belle matière qu’est la soie sans trop de difficultés .

    Je suis justement en train de coudre une chemise en soie ( satin de soie raisin de Bennytex) pour mon mari et j’avoue avoir rencontré quelques difficultés au moment de la découpe ! Je n’ai eu la bonne idée de mettre mon coupon sur un simple drap qui a retenu le tissu ,qu’après avoir fait une ou deux bêtises !! ( de toutes petites pièces heureusement que j’ai pu redécouper ensuite dans mes chutes). Mais je retiens l’idée de découper sur et avec du papier de soie , ce qui doit être encore mieux !!
    Après , j’ai marqué tous mes contours de couture , à l’ancienne ,
    en faufilant ( faufil très fin pour la soie et aiguille très fine) en faisant des boucles , ce qui fait que quand on écarte les morceaux ( poignets , cols , pattes ) et qu’on coupe le faufil entre les 2 , on conserve des points de chaque côté (donc sur chaque morceau) qu’on peut ainsi suivre en cousant . C’est long , mais le résultat est parfait .
    Et pour les aiguilles machine, j’utilise les plus fines qui existent , les 60 .

    Je vais vite aller visiter les sites dont tu parles , et j’ai hâte d’admirer ta chemise terminée . Ce doit être une merveille , non seulement par ton travail délicat mais aussi grâce à la beauté de ton tissu !

    Merci Annie pour ce bel article .
    A bientôt,
    Chrisou

  • epitaxie dit :

    Encore une fois un article vraiment bien documenté ! Je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt (notamment le passage sur l’entoilage), je souhaite coudre du voile de coton-soie prochainement.

    Personnellement, pour la découpe j’ai une méthode qui ne doit pas très académique pour les tissus glissants… Je dépose un lainage texturé sur ma table de découpe et je pose mon tissu sur ce lainage. Ainsi, il ne bouge pas. C’est certainement moins précis que la technique que tu expliques mais ça fonctionne plutôt bien tout de même.

    J’ai acheté le livre de Christelle Beneytout suite à la recommandation d’Émilie (le papillon) sur Instagram. Elle aborde la couture des tissus fins et voici quelques conseils supplémentaires :
    – Bobiner la canette à vitesse moyenne, ainsi le fil est moins tendu. Cela permet de ne pas froncer la couture.
    – Les aiguilles microtex sont particulièrement adaptées si le tissu est à trame serrée.
    – La pression du pied presseur peut être augmentée pour améliorer l’entrainement du tissu.
    – Pour l’ourlet, il est possible de faire un ourlet roulé en une étape à la machine si l’on possède le pied presseur adapté.
    D’autres conseils sont présents sur le choix du fil, choix du fil pour la bobine, etc. Ce livre est une mine d’information !

    Enfin, sur les photos d’illustrations pour la bombe d’amidon à repassage, ce que tu tiens est le produit pour faciliter le repassage, qui contient un « agent de tenue » mais n’est pas le plus efficace de la gamme. Je me suis également trompée la premier fois que j’en ai acheté. Les bombes d’amidon ce sont celles-ci : http://pics.monoprix.fr/assets/ctx/4248099610/static/photos/16/77/g-1677.jpg

  • annick dit :

    Pour la soie j’utilise toujours et toujours de aiguilles de 60 soit schmetz soit bohin

  • Delphine dit :

    Bravo pour cet article passionnant ! C’est une mine d’informations et d’astuces au top !
    Merci pour ce partage 🙂

  • Jolifouillis dit :

    Je dévore tes articles à chaque fois. Tes conseils me sont précieux, merci pour ces partages.

  • Diane dit :

    Merci de ce nouvel article, j’ai découvert ton blog ave plaisir il y a quelque jours (en cherchant des idées de vestes tweed) et bravo pour la qualité des articles.
    Pour l’entoilage, la gamme Palmer et Pletsch est très bien, extrêmement souple et ne gondole pas, recommandée souvent, ils ont notamment deux entoilages pour tissus très fin, un plutôt soyeux et un plutôt rigide selon les finitions souhaitées… J’ai les deux en stock mais pas encore testé. Sinon je confirme, à nouveau projet aiguille neuve, lu plusieurs fois et appliqué avec bonheur jusque là.
    Question bête, comment fais tu sécher à plat ton coupon de soie ? Sur l’etendoir ca laisse des marques, je suis perplexe… Merci et à très vite.

  • Diane dit :

    Merci de ce nouvel article, j’ai découvert ton blog ave plaisir il y a quelque jours (en cherchant des idées de c’est tweed) et bravo pour la qualité des articles.
    Pour l’entoilage, la gamme Palmer et Pletsch est très bien, extrêmement souple et ne gondole pas, recommandée souvent, ils ont notamment deux entoilages pour tissus très fin, un plutôt soyeux et un plutôt rigide selon les finitions souhaitées… J’ai les deux en stock mais pas encore testé. Sinon je confirme, à nouveau projet aiguille neuve, lu plusieurs fois et appliqué avec bonheur jusque là.
    Question bête, comment fais tu sécher à plat ton coupon de soie ? Sur l’etendoir ca laisse des marques, je suis perplexe… Merci et à très vite.

  • Alice dit :

    ah oui merci! et moi qui me demandait justement comment amidonner mes tissus! j’ai bien envie de me lancer dès demain dans une couture « soyeuse »…

  • Juliette dit :

    Lisant ton blog depuis quelques temps mais n’ayant encore jamais pris le temps de laisser un commentaire, je voulais te remercier pour la qualité de tes articles. Je débute en couture, mais j’apprécie énormément leur détail, tes conseils et bonnes adresses. Tes retours sont toujours passionnants. Merci beaucoup 🙂

  • Maaga Marilù dit :

    Bel article, très détaillé. Félicitations.

  • Pititehelene dit :

    Super ton article c’est toujours aussi intéressant de te lire. Et moi qui avait même pas remarqué que c’était de la soie quand je t’ai vu ce week-end….j’aurais pu en profiter pour admirer tes finitions en vrai! En tout cas ta belle est très belle et te va très bien. Justement je pensais essayer de coudre de la soie prochainement (une soie de chez toto, surement pas la même qualité mais pour commencer ça sera bien) et t’es astuces vont m’être bien utiles. Et j’attends avec impatience la suite de ton article sur les tissus, j’ai envie de comprendre pour pouvoir bien choisir mes matières à l’avenir…

  • gigette dit :

    Super ton article, merci pour tous ces conseils 🙂
    J’utilise justement ces entoilages pour ma robe de mariée et ils sont top, je n’en avais jamais vu de cette qualité… Et Nicolas est un amour, je l’ai eu je ne sais pas combien de fois au tel, et toujours adorable!

  • mllelisou dit :

    Un article hyper détaillé et instructif, un grand merci pour ces recherches! Je testerais le scotch pour la prochaine fois que je referais des boutonnières, malgré que la boutonnière automatique m’est bluffée

  • Natacha dit :

    Et je viens de penser à toi en regardant en Replay sur Arte un documentaire sur Chanel. On y voit unrpe des couturière travailler sur du panne de velours et on voit à quel point elle doit être minutieuse ne serait-ce que pour étaler son tissu!

  • Chacun de tes billets est une découverte technique ou même esthétique ;-)… Encore merci pour ce partage. Ce crêpe de Chine, je l’ai déjà travaillé à plusieurs reprises et j’ai maintenant hâte de réitérer l’expérience en suivant tes conseils. Je vais m’empresser de passer commande auprès de Stragier pour faire des réserves de TR1 ! Jusqu’à maintenant, j’utilisais la Vlieseline G785 dont j’étais assez satisfaite : bonne tenue, invisibilité… Concernant les aiguilles, mes préférées pour coudre de la soie ou tout autre tissu fin sont les Schmetz modèle Microtex. Je terminerai en te disant que je suis impatiente de lire la suite de ton « Coudre ensemble » autour du manteau Quart.

  • Natacha dit :

    Merci beaucoup, c’est super intéressant ! Une petite chose à rajouter : un conseil de ma prof de couture (j’ai pris des cours pendant un an quand je me suis lancée). On prend une aiguille machine neuve, pas une qui aurait déjà servi pour un autre tissu sinon on risque de se retrouver avec des fils de soir tirés.

    Bon bin y a plus qu’à

  • Melo dit :

    Merci pour ce superbe article !! Il est vraiment très intéressant.
    J’ai deux toutes petites questions (pour vérifier que j’ai bien compris…) :

    1. tu entoiles toutes tes pièces ? L’entoilage est donc contre ta peau ou tu as doublé ton chemisier ?
    2. L’astuce du scotch pour les boutonnières est géniale : tu le mets sur ton tissu avant de faire la boutonnière c’est bien ça ?

    Encore merci pour tous ces précieux conseils

    • Annie dit :

      Mais je t’en prie!
      1. non je n’entoile pas toutes mes pièces, juste le col, les poignets de manche et la patte de boutonnage. L’entoilage est donc à l’intérieur de pièces qui comportent deux épaisseurs et pas contre la peau. Tu me suis?
      2. c’est exactement cela. Il paraît que cela marche encore mieux avec du « masking tape »:)

  • Quel boulot!!!!! J’ai dévoré ton article .
    Merci pour nous toutes !!!!!!!
    Je meurs d’envie de la voir portée.
    Belle soirée

  • danielle dit :

    Merci beaucoup pour ce super article.

  • Totalement bluffant ! Bravo ! 1000 fois bravo !

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